La fusion-acquisition, en anglais mergers and acquisitions, abrégé M&A, désigne l’ensemble des opérations par lesquelles des entreprises se rachètent, se rapprochent ou se transmettent : achat de titres, achat d’actifs, fusion de sociétés, prise de participation. Le terme désigne aussi le métier des conseils qui structurent ces opérations. Pour un dirigeant de PME, connaître ce vocabulaire est le premier pas pour discuter d’égal à égal avec des contreparties souvent plus rodées.
Sommaire
- Fusion-acquisition : la définition
- Fusion, acquisition, cession : les différences
- Ce que le Code de commerce appelle une fusion
- Acheter des titres ou acheter des actifs
- Typologie des opérations de M&A
- Le déroulement type d’une opération
- Qui sont les conseils d’une opération
- Pourquoi une opération échoue, et à quel moment
- Questions fréquentes
Fusion-acquisition : la définition
Une opération de fusion-acquisition est un transfert de contrôle ou de patrimoine entre entreprises. Trois formes principales coexistent :
- L’acquisition de titres. L’acquéreur achète les actions ou les parts de la société cible, qui continue d’exister avec son patrimoine, ses contrats et ses salariés : seul l’actionnaire change.
- L’acquisition d’actifs. L’acquéreur achète un fonds de commerce, une branche d’activité ou des actifs déterminés, sans reprendre la structure juridique.
- La fusion. Deux sociétés réunissent leurs patrimoines pour n’en former qu’une, dans le cadre des articles L. 236-1 et suivants du Code de commerce.
Dans le monde des PME, l’immense majorité des opérations sont des acquisitions de titres ou de fonds. Les fusions au sens juridique interviennent surtout comme étape de réorganisation, après un rachat, pour simplifier un groupe.
M&A, fusacq : les mots et ce qu’ils recouvrent
M&A est l’abréviation de l’anglais mergers and acquisitions. La contraction française « fusacq » s’emploie couramment à l’oral. Les deux désignent le même domaine, et prêtent au même contresens : le mot « fusion » y occupe la première place alors qu’il décrit l’opération la plus rare. Dans un dossier de PME, ce que l’on appelle une fusion-acquisition est presque toujours une acquisition, vue du vendeur une cession.
Fusion, acquisition, cession : les différences
Ces trois mots décrivent souvent la même réalité vue d’angles différents. La cession est l’opération vue du vendeur, l’acquisition la même opération vue de l’acheteur, la fusion un mécanisme juridique distinct où une société disparaît en transmettant tout son patrimoine.
| Opération | Ce qui se passe | Conséquence pour la cible |
|---|---|---|
| Acquisition | Achat des titres ou des actifs d’une société | La société subsiste, souvent comme filiale, ou seuls ses actifs sont transférés |
| Cession | La même opération, vue du vendeur | Le cédant transfère le contrôle et perçoit le prix |
| Fusion | Transmission universelle du patrimoine à la société bénéficiaire | La société absorbée disparaît ; ses associés reçoivent des titres de l’absorbante |
Le déroulement d’une cession côté vendeur est détaillé dans notre article cession d’entreprise, le miroir côté acheteur dans comment racheter une entreprise.

Ce que le Code de commerce appelle une fusion
Le mot a un sens juridique précis. Selon l’article L. 236-1 du Code de commerce, une ou plusieurs sociétés peuvent, par voie de fusion, transmettre leur patrimoine à une société existante ou à une société nouvelle qu’elles constituent. Les associés des sociétés qui transmettent reçoivent en échange des parts ou des actions de la société bénéficiaire.
L’article L. 236-3 en tire les conséquences : la fusion entraîne la dissolution sans liquidation des sociétés qui disparaissent et la transmission universelle de leur patrimoine aux sociétés bénéficiaires, dans l’état où il se trouve à la date de réalisation définitive. Les associés de la société qui disparaît deviennent simultanément associés de la bénéficiaire.
Ces deux effets expliquent pourquoi une fusion ne se décide pas comme un achat. Il n’y a pas de tri possible : actifs, dettes, contrats et contentieux passent en bloc, sans qu’il soit besoin de céder chaque élément séparément. C’est un avantage de simplicité et un risque de contenu, selon ce que l’on sait de la société absorbée.
Une réforme récente, à connaître avant de citer un ancien manuel
Le régime des fusions a été refondu par l’ordonnance n° 2023-393 du 24 mai 2023, qui a transposé la directive européenne sur les opérations transfrontalières et réorganisé la numérotation du chapitre. Les nouvelles dispositions s’appliquent aux opérations dont le projet a été déposé au greffe du tribunal de commerce à compter du 1ᵉʳ juillet 2023. Un article de blog ou une note interne rédigés avant cette date peuvent donc renvoyer à des numéros d’articles qui ne correspondent plus.
Fusion-absorption, fusion par création d’une société nouvelle, et la soulte
Deux formes cohabitent. Dans la fusion-absorption, une société existante recueille le patrimoine de l’autre, qui disparaît. Dans la fusion par création d’une société nouvelle, les deux disparaissent au profit d’une entité créée pour l’occasion. La première est de loin la plus fréquente, parce qu’elle évite de recréer un numéro d’identification, des contrats et des autorisations.
Un détail technique mérite d’être retenu par un dirigeant, parce qu’il limite ce qu’on peut négocier : lorsque l’échange de titres ne tombe pas juste, un complément en espèces, appelé soulte, peut être versé. Son montant ne peut pas dépasser 10 % de la valeur nominale des parts ou actions attribuées. Une fusion ne permet donc pas de sortir en numéraire : qui veut être payé en argent cherche une cession, pas une fusion.
Acheter des titres ou acheter des actifs
C’est le choix qui structure le plus une opération de PME, et celui que les dirigeants découvrent le plus tard.
- Achat de titres. L’acheteur reprend la société telle qu’elle est : son passé, ses contrats en cours, ses dettes, ses éventuels litiges. C’est plus simple pour la continuité, plus risqué pour l’acquéreur, d’où l’importance de la garantie d’actif et de passif.
- Achat d’actifs. L’acheteur choisit ce qu’il reprend, typiquement un fonds de commerce. Il laisse au vendeur les dettes et les contentieux, mais perd la continuité : certains contrats et autorisations doivent être renégociés.
Le prix ne se compare pas directement d’une formule à l’autre, puisqu’il ne porte pas sur le même objet. Le passage de la valeur d’entreprise à la valeur des titres, qui explique l’écart, est déroulé dans notre exemple chiffré de valorisation. Côté vendeur, la fiscalité diffère également, et ce point se tranche avant la négociation, pas après.
Typologie des opérations de M&A
L’opération industrielle, ou stratégique
L’acquéreur est une entreprise du même secteur ou d’un secteur voisin. Il cherche des synergies : part de marché, couverture géographique, compétences, portefeuille clients. C’est l’acquéreur le plus fréquent pour une PME, et le plus exigeant sur l’intégration.
L’opération financière
L’acquéreur est un investisseur, fonds ou repreneur individuel, qui achète la rentabilité future, souvent au moyen d’une holding endettée : c’est le mécanisme du LBO. La régularité des flux de trésorerie et la solidité du management en place y pèsent davantage que les synergies.
Le build-up
Variante hybride : une plateforme, souvent soutenue par un investisseur, enchaîne les acquisitions de sociétés complémentaires pour consolider un marché fragmenté. Pour un cédant, un build-up actif dans son secteur est souvent un candidat naturel, parce qu’il connaît déjà le métier et décide vite. Pour un dirigeant acquéreur, c’est une stratégie à part entière, décrite dans notre guide de la stratégie de croissance externe.
Le déroulement type d’une opération
Quel que soit le type d’opération, le processus suit des phases stables :
- Préparation et valorisation. Diagnostic de la cible ou de l’entreprise à céder, retraitement des comptes, fourchette de valeur argumentée.
- Mise en marché confidentielle. Teaser anonyme, accords de confidentialité, mémorandum d’information remis aux candidats qualifiés.
- Offres et lettre d’intention. Marques d’intérêt, offres indicatives, puis lettre d’intention fixant valeur indicative, périmètre et exclusivité.
- Due diligence. Audits comptables, fiscaux, juridiques, sociaux et opérationnels menés par les conseils de l’acquéreur.
- Négociation des actes et closing. Protocole de cession, garantie d’actif et de passif, levée des conditions suspensives, transfert de propriété et paiement.
La durée dépend de la préparation, du nombre de candidats et de la complexité des audits. C’est la phase amont, la moins visible, qui décide le plus souvent du calendrier : un dossier prêt raccourcit tout ce qui suit.

Qui sont les conseils d’une opération
Quatre familles d’intervenants se partagent le travail, et leurs rôles se recoupent moins qu’on ne le croit :
- Le conseil M&A, banque d’affaires pour les grandes opérations, cabinet spécialisé pour les PME : stratégie, valorisation, recherche de contreparties, conduite de la négociation, coordination générale.
- L’avocat en droit des affaires : rédaction et négociation des actes, lettre d’intention, protocole, garantie d’actif et de passif, pactes d’associés.
- L’expert-comptable et l’auditeur : fiabilisation des comptes côté vendeur, due diligence financière côté acquéreur.
- Le conseil fiscal et patrimonial : structuration de l’opération et traitement du produit de cession pour le dirigeant.
Experys intervient comme cabinet de fusion-acquisition à Paris, aux côtés de dirigeants de PME, à la vente comme à l’achat, notamment par notre accompagnement en acquisition d’entreprise. Notre approche est présentée sur la page le cabinet, et nos opérations publiables sur la page références.
À retenir
La fusion-acquisition désigne l’ensemble des opérations de transfert de contrôle ou de patrimoine : achat de titres, achat d’actifs, cession, fusion. Dans une PME, c’est presque toujours une acquisition de titres ou de fonds, la fusion au sens du Code de commerce servant surtout à réorganiser un groupe après le rachat.
La fusion entraîne la dissolution sans liquidation de la société absorbée et la transmission universelle de son patrimoine, avec une soulte plafonnée à 10 % de la valeur nominale des titres attribués. Le régime a été refondu par l’ordonnance du 24 mai 2023, applicable aux projets déposés depuis le 1ᵉʳ juillet 2023.
Pourquoi une opération échoue, et à quel moment
Une part des opérations engagées n’aboutit pas. Les causes sont assez répétitives pour être anticipées, et elles se concentrent sur trois moments.
Avant la lettre d’intention : l’écart d’attente sur la valeur
Le vendeur raisonne sur ce que l’entreprise lui a coûté et rapporté, l’acheteur sur ce qu’elle produira sans son dirigeant actuel. Quand cet écart n’est pas traité tôt, il ressort au moment de l’offre et fait perdre plusieurs mois. Le traiter tôt signifie poser une fourchette argumentée avant d’aller sur le marché, et non discuter un chiffre après coup.
Pendant la due diligence : ce que le dossier ne disait pas
Un contrat client résiliable à court préavis, un litige prud’homal en cours, une dépendance à un fournisseur unique, des comptes courants d’associés que personne n’avait chiffrés : chacun de ces points est gérable s’il est annoncé, coûteux s’il est découvert. La découverte tardive ne change pas seulement le prix, elle change la confiance, et un acheteur qui doute cherche d’autres sujets.
Au closing : le financement et les conditions suspensives
Sur les opérations financées par emprunt, l’accord bancaire arrive tard et dépend d’éléments que le vendeur ne maîtrise pas. Sur les autres, l’obstacle vient plutôt des conditions suspensives : autorisation administrative, agrément d’un bailleur, information préalable des salariés. Une liste de conditions établie dès la lettre d’intention évite de découvrir un point bloquant la semaine de la signature.
Ces trois moments partagent une même parade : préparer, documenter, annoncer. C’est l’objet de la phase amont, et la raison pour laquelle un dossier prêt se vend mieux qu’un dossier équivalent improvisé.
Questions fréquentes
Que signifient M&A et fusacq ?
M&A est l’abréviation de l’anglais mergers and acquisitions, soit fusions et acquisitions ; fusacq en est la contraction française courante. Les deux désignent le même domaine : l’ensemble des opérations de rapprochement, de rachat et de transmission d’entreprises, ainsi que le métier des conseils qui les accompagnent.
Quelle est la différence entre une fusion et une acquisition ?
Dans une fusion, la société absorbée transmet l’intégralité de son patrimoine à la bénéficiaire et disparaît sans liquidation, ses associés recevant des titres en échange. Dans une acquisition, une société ou un investisseur achète les titres ou les actifs d’une autre, qui continue en général d’exister comme filiale. La plupart des opérations de PME sont des acquisitions.
Peut-on être payé en argent dans une fusion ?
Très marginalement. L’article L. 236-1 du Code de commerce autorise une soulte en espèces, mais son montant ne peut pas dépasser 10 % de la valeur nominale des parts ou actions attribuées. Un dirigeant qui souhaite percevoir le prix de son entreprise en numéraire s’oriente vers une cession de titres, pas vers une fusion.
Vaut-il mieux vendre les titres ou le fonds de commerce ?
Cela dépend de ce que l’acheteur veut reprendre et de votre situation fiscale. La vente de titres transfère la société avec son passé, contrats et dettes compris ; la vente du fonds laisse au vendeur les dettes et les contentieux mais rompt la continuité de certains contrats. Les deux formules ne se comparent pas au même prix, ni au même impôt.
Combien de temps dure une opération de fusion-acquisition ?
Il n’existe pas de durée standard : elle dépend de la préparation du dossier, du nombre de candidats, de la complexité des audits et des conditions suspensives. Le processus suit toutefois des phases stables, de la préparation au closing. Une préparation soignée en amont reste le levier le plus sûr pour raccourcir le calendrier.
Aller plus loin
Projet d’acquisition ou programme de croissance externe ? Un cadrage précis, thèse d’investissement, critères et valorisation, sécurise chaque étape du processus.
Notre accompagnement croissance externe Acquisition d’entreprise
- Acquisition d’entreprise
- Cabinet M&A
- Références d’opérations
- Fusion-acquisition
- Build-up
Ces informations sont générales et ne valent pas conseil juridique personnalisé. Responsabilité éditoriale : Experys. Sources citées consultées le 9 août 2026.
