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Avertissement. L’entreprise décrite ci-dessous est une PME fictive de services, aux chiffres ronds, construite à titre pédagogique. Le multiple utilisé est purement illustratif : il ne constitue ni une référence de marché, ni une pratique d’Experys, ni une indication applicable à une entreprise réelle.

Le cas fictif : une PME de services

Notre entreprise imaginaire — appelons-la Servifix — est une PME de services aux entreprises. Son dirigeant-fondateur envisage une cession. Ses données simplifiées, en milliers d’euros (k€) :

  • Chiffre d’affaires : 4 000 k€, stable sur trois exercices ;
  • Excédent brut d’exploitation (EBE) comptable : 380 k€ ;
  • Dettes financières : 350 k€ ; trésorerie : 150 k€ ;
  • Le dirigeant se verse une rémunération supérieure au prix de marché de sa fonction ; l’exercice a par ailleurs supporté un litige ponctuel.

La démarche suivie est celle, classique, des comparables : valoriser une rentabilité normalisée par un multiple. Les autres familles de méthodes, et la raison pour laquelle on les croise, sont présentées dans notre guide comment calculer la valeur d’une entreprise.

Étape 1 : du compte de résultat à l’EBE retraité

L’EBE comptable de 380 k€ reflète des choix propres au dirigeant actuel. Trois retraitements — documentés pièce à l’appui — établissent la rentabilité qu’un repreneur retrouverait :

ÉlémentMontant (k€)Justification
EBE comptable380Lecture directe des comptes
Sur-rémunération du dirigeant+ 50Écart entre rémunération réelle et rémunération de marché de la fonction
Loyer sous-évalué (SCI familiale)− 20Remise du loyer aux conditions de marché
Litige non récurrent+ 40Charge ponctuelle, non reproductible
EBE retraité (normatif)450Base de la valorisation

Notez que les retraitements jouent dans les deux sens : la correction du loyer diminue l’EBE. Un dossier crédible assume ces corrections défavorables — c’est ce qui rend les corrections favorables défendables en due diligence.

Étape 2 : appliquer un multiple — l’exemple de calcul

Supposons — à titre purement illustratif — que l’analyse des transactions comparables conduise à retenir un multiple central de 4, dans une fourchette de 3,5 à 4,5. Ces valeurs sont choisies pour la commodité du calcul : elles ne représentent aucune référence sectorielle réelle. Ce qui fait varier les multiples réels — secteur, taille, récurrence, risques — est expliqué dans notre article sur les multiples d’EBITDA par secteur.

Le calcul de la valeur d’entreprise (VE) devient :

  • Hypothèse basse : 450 k€ × 3,5 = 1 575 k€ ;
  • Hypothèse centrale : 450 k€ × 4 = 1 800 k€ ;
  • Hypothèse haute : 450 k€ × 4,5 = 2 025 k€.

Cette valeur mesure l’outil économique dans son ensemble, indépendamment de la façon dont il est financé. Ce n’est pas encore ce que toucherait le vendeur.

Étape 3 : de la valeur d’entreprise à la valeur des titres

Le cédant ne vend pas « l’entreprise » au sens économique : il vend ses parts ou actions. Pour passer de la valeur d’entreprise à la valeur des titres, on retranche la dette financière nette — dettes financières diminuées de la trésorerie.

ÉtapeBasse (k€)Centrale (k€)Haute (k€)
Valeur d’entreprise1 5751 8002 025
Dettes financières− 350− 350− 350
Trésorerie+ 150+ 150+ 150
Valeur des titres1 3751 6001 825

La valorisation de Servifix s’exprime donc en fourchette : environ 1,4 à 1,8 M€ pour les titres, autour d’une valeur centrale de 1,6 M€. Présenter une fourchette n’est pas une prudence de façade : c’est la traduction honnête de la sensibilité du résultat aux hypothèses.

Ce que cet exemple montre — et ce qu’il ne montre pas

Ce cas illustre la mécanique : rentabilité normalisée, multiple, passage à la valeur des titres. Il ne dit rien de trois réalités qui, dans un dossier réel, pèsent autant que le calcul.

D’abord, le multiple ne se décrète pas : il se justifie par des références de transactions et par la qualité du dossier — récurrence des revenus, dépendance au dirigeant, concentration clients.

Ensuite, la valeur n’est pas le prix : la négociation, la structure de paiement et les garanties font l’écart, comme l’explique notre article prix de cession et valeur d’entreprise.

Enfin, le produit perçu par le cédant est un produit avant impôt : la fiscalité de la cession, présentée dans notre article sur l’impôt sur la plus-value de cession d’entreprise, se prépare en amont de l’opération.

Pour une entreprise réelle, ce travail s’appuie sur un diagnostic complet — c’est l’objet de notre page Combien vaut mon entreprise et de notre approche de l’évaluation d’entreprise.

À retenir

La mécanique d’une valorisation par comparables tient en trois étapes : normaliser la rentabilité (EBE ou EBITDA retraité), appliquer une fourchette de multiples justifiée par des références réelles, puis retrancher la dette financière nette pour passer de la valeur d’entreprise à la valeur des titres.

Les chiffres de cet exemple sont fictifs et le multiple purement illustratif : seule la démarche est transposable, jamais les valeurs.

Questions fréquentes

Le multiple utilisé dans cet exemple est-il une référence de marché ?

Non. Le multiple de cet exemple est purement illustratif, choisi pour la simplicité du calcul avec des chiffres ronds. Il ne reflète ni une pratique d’Experys ni une référence sectorielle. Les multiples réels varient fortement selon le secteur, la taille et la qualité du dossier, et s’apprécient au cas par cas à partir de références de transactions.

Pourquoi la valeur des titres diffère-t-elle de la valeur d’entreprise ?

La valeur d’entreprise mesure la valeur de l’outil économique, indépendamment de son financement. Le vendeur, lui, cède des parts ou des actions : leur valeur s’obtient en retranchant de la valeur d’entreprise la dette financière nette (dettes financières moins trésorerie). Une société endettée verra sa valeur de titres réduite d’autant ; une société riche en trésorerie, augmentée.

Le vendeur touche-t-il réellement le montant de la fourchette ?

Pas nécessairement. La fourchette de valeur est un repère d’analyse ; le prix final résulte de la négociation, des conditions de paiement (crédit vendeur, earn-out), des garanties accordées et des ajustements au closing. La fiscalité de la cession vient ensuite réduire le produit net perçu par le cédant.

Aller plus loin

Pour une entreprise réelle, la valorisation s’appuie sur vos comptes, vos retraitements documentés et des références de transactions adaptées à votre secteur.

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JS

Joel S.

Fondateur d'Experys · Conseil en fusion-acquisition depuis 2013

Joel S. accompagne des dirigeants de PME dans leurs opérations de cession, d'acquisition et d'évaluation, en France et en zone francophone.

Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Responsabilité éditoriale : Experys. Exemple entièrement fictif, sans valeur de référence de marché.

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